La résistance au changement : en route vers l’acceptation

résistance au changement

Une pierre jetée dans une étendue d’eau calme et paisible crée aussitôt une onde qui perturbe l’ordre établi, l’état connu. Un seul changement peut avoir des répercussions gigantesques sur un environnement. Et ceci rend tout à fait intéressant les enjeux de chaque décision, quel que soit le milieu. J’ai consacré trois années de recherche sur la gestion des changements. Jamais cette thématique ne m’a ennuyée un seul instant.

Lorsqu’on intervient auprès des personnes, le changement s’affiche comme élément incontournable. Et dire qu’on peut en compter des transitions au cœur de l’aventure humaine. Le changement entraîne des renoncements, de l’excitation, des angoisses et parfois même des crises. Alors que nos vies sont éphémères et que l’impermanence est manifeste, je demeure encore étonnée de voir combien de gens ont de la résistance au changement, tant dans leur vie personnelle que professionnelle.

Le refus du changement

Face à un changement imposé, la plupart des personnes vivent un choc. Elles sont bouleversées et refusent d’accepter la situation, le changement étant vécu comme une menace. Par exemple, si on pense à l’annonce d’une fermeture d’entreprise, les énoncés suivants peuvent décrire une résistance au changement :

  • Refuser : Ce n’est pas possible ! Ils ne le feront pas !
  • Nier : Ça va se passer, ça va se tasser. Ça ne peut m’arriver ou arriver chez nous.
  • Minimiser : Ce n’est pas grave, il y a seulement quelques petits ajustements à faire. Quelqu’un va renverser cette décision.
  • Sublimer : Comme c’était mieux dans le temps !

La résistance au changement

La résistance au changement est une étape saine qui vise à se défendre d’une intrusion extérieure perçue comme une possible menace à notre stabilité. On peut se sentir menacé de plusieurs façons : faire le deuil d’un emploi, un accident, une maladie, une limitation fonctionnelle, la perte d’un être cher, une modernisation d’équipement en entreprise, une restructuration des tâches. Les énoncés suivants pourraient s’apparenter à une résistance au changement :

  • Je ne comprends pas ce que j’ai à faire ou ce que l’on me demande de faire.
  • Pourquoi devrais-je faire cela.
  • Il m’est impossible de le faire.
  • J’ai peur des expériences passées douloureuses.
  • Je crains de perdre les bénéfices ou les privilèges acquis.
  • Je ne veux pas faire face à un futur incertain.
  • C’est à l’encontre de mes valeurs.
  • Je n’ai pas de problèmes, mais vous en avez.

La résistance au changement amplifie les angoisses personnelles. On peut alors vouloir chercher un coupable à blâmer. C’est sans doute l’étape où on se sent le plus vulnérable, où l’on risque de ressentir certains troubles physiques, psychologiques ou émotionnels pouvant entraîner une maladie ou une fragilisation de notre système immunitaire.

L’exploration du changement

Une personne arrive à l’étape d’explorer le changement lorsqu’elle choisit d’accepter la situation en se tournant vers l’avenir. Bien sûr, chaque personne trouve son propre rythme dans le changement. L’indice le plus apparent à cette étape est l’accès à un regain d’énergie. On se sent en meilleure position pour prendre des risques ou pour envisager le futur. Plutôt que de se laisser envahir, appesantir par la situation ou sombrer dans l’apathie, la personne accède à son registre de pulsions de vie qui l’incite à devenir plus active. On commence alors à :

  • explorer de nouvelles options ou nouvelles méthodes de travail
  • se fixer des objectifs, un plan d’action
  • identifier les moyens dont on dispose
  • examiner des solutions de rechange
  • mettre à l’épreuve de nouvelles alternatives

L’engagement

En s’engageant, la personne dépasse ses barrières, identifie de nouvelles façons de procéder et de s’adapter à la situation. La personne choisit de se concentrer sur une nouvelle ligne d’actions : assurer autrement ses fonctions, modifier son comportement ou attitudes, acquérir de nouvelles connaissances, se réorienter sur le marché du travail, envisager un déménagement, etc. Lorsque la personne est parvenue à s’engager, on peut alors dire qu’elle s’est adaptée au changement.

La peur comme frein au changement

Le phénomène de la peur freine la plupart des transitions : la peur de l’inconnu. Aussi, la peur de voir transformer nos façons de fonctionner, de voir notre sécurité menacée, la peur de se sentir impuissant ou angoissé. Avoir le sentiment que notre vie nous échappe, la peur de se sentir maladroit, gêné et d’être jugé par autrui… Bien sûr, plus on sera confiant face à la vie, en accord avec soi, large d’esprit, curieux, ouvert à la nouveauté, meilleur sera notre engagement face au changement.

Les bénéfices de l’acceptation

Accepter le changement, c’est accepter les choses telles qu’elles sont. Telle qu’elles se présentent. Cela ne signifie pas qu’il faille éviter de fournir nos commentaires, présenter des alternatives, négocier certaines modalités, identifier des possibilités. Nous résistons souvent à une variété de choses que nous ne pouvons changer ou auxquelles on ne peut échapper. Face à celles-ci, une responsabilité nous incombe : il nous revient de faire un travail d’acceptation en transformant la façon dont nous percevons la situation. Nous risquons sinon de devenir la principale victime du changement en cours. Et c’est probablement beaucoup plus pénible à vivre que de s’investir dans l’acceptation. Même si nous n’épousons pas spontanément le changement, on en retire assurément un jour ou l’autre beaucoup plus de bénéfices pour soi que d’inconvénients. C’est du moins ce que je vous souhaite.

Article de Marie-Sylvie Dionne, originalement paru sur le Huffington Post

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